9ème édition d'un festival francophone organisé à l'Octogone Théâtre de Pully tous les deux ans depuis 1996
Fred Pellerin : du conte d'antan à la réalité sociale d'aujourd'hui
N’ayant pas séjourné à Pully durant tout le festival, d’inévitables impasses s’imposent car le journalisme n’est pas synonyme de voyance.
Premier constat : le programme particulièrement riche de cette 97me édition aura placé la barre très haut avec un impressionnant défilé de grands noms du milieu artistique francophone d’Amérique du Nord et de talents d’une relève plus dynamique que jamais : Isabelle Boulay, Les Vulgaires Machins, Gaële, Isabeau et les chercheurs d’or, Veronic Dicaire, Mister Valaire, Marcie, Caroline Desbiens, Jorane, Robert Charlebois, Geneviève Toupin, Martin Léon, Les cowboys fringants, etc.
Sans oublier Fred Pellerin pour le gala d’ouverture en mots et musique ! Le conteur québécois vient de décliné l’invitation lancée par le premier ministre Jean Charest qui devait le faire chevalier de l'Ordre national du Québec. Le plus célèbre habitant de Saint-Élie-de-Caxton a rendu public la lettre transmise au gouvernement. Lettre reproduite dans divers médias québécois tel le quotidien le Soleil.
« J'ai été touché. Et on est dans le peu-dire. J'ai été viré à l'envers de fierté. (...) J'en suis flatté, dans le sens du poil debout sur les bras. (...) On allait me piquer à la veste un bout de brillance au nom du peuple québécois. Mon peuple. (…) Mais il se trouve que ce peuple, à qui on me demande de faire honneur en tant que membre de l'Ordre, se trouve présentement plongé dans une crise sociale d'ampleur. Je m'en voudrais de célébrer et de trinquer à l'honneur de ce peuple dans le contexte actuel, où même notre démocratie se fait secouer par la base ».
Premier constat : le programme particulièrement riche de cette 97me édition aura placé la barre très haut avec un impressionnant défilé de grands noms du milieu artistique francophone d’Amérique du Nord et de talents d’une relève plus dynamique que jamais : Isabelle Boulay, Les Vulgaires Machins, Gaële, Isabeau et les chercheurs d’or, Veronic Dicaire, Mister Valaire, Marcie, Caroline Desbiens, Jorane, Robert Charlebois, Geneviève Toupin, Martin Léon, Les cowboys fringants, etc.
Sans oublier Fred Pellerin pour le gala d’ouverture en mots et musique ! Le conteur québécois vient de décliné l’invitation lancée par le premier ministre Jean Charest qui devait le faire chevalier de l'Ordre national du Québec. Le plus célèbre habitant de Saint-Élie-de-Caxton a rendu public la lettre transmise au gouvernement. Lettre reproduite dans divers médias québécois tel le quotidien le Soleil.
« J'ai été touché. Et on est dans le peu-dire. J'ai été viré à l'envers de fierté. (...) J'en suis flatté, dans le sens du poil debout sur les bras. (...) On allait me piquer à la veste un bout de brillance au nom du peuple québécois. Mon peuple. (…) Mais il se trouve que ce peuple, à qui on me demande de faire honneur en tant que membre de l'Ordre, se trouve présentement plongé dans une crise sociale d'ampleur. Je m'en voudrais de célébrer et de trinquer à l'honneur de ce peuple dans le contexte actuel, où même notre démocratie se fait secouer par la base ».
Novembre 2010, coulisses du Capitol à Moncton durant la FrancoFête. Président du conseil d'administration du festival, Rico Perriard en compagnie de Robert Charlebois
Richard Desjardins : l'art de griffer en douceur et avec le sourire
Il est vrai que le mouvement de contestation qui secoue le Québec est apparu ici et là, au cours de ce festival, comme par exemple dans le port du fameux carré rouge par les musiciens québécois de l’énergique acadien Joseph Edgar.
Quant à Richard Desjardins, c’est devant une sale archicomble qu’il s’est produit avec sa « guétard » : franc-parler, refus des dogmes et des conformismes, humour décalé … Ses chansons emportent l’adhésion du public sans hésitation. On aura ainsi appris entre deux refrains que le gouvernement fédéral du Canada compte dans ses rangs un ministre adhérant aux idées créationnistes.
Et que dire de ces moments de magie où l'artiste chante - murmure presque - l'histoire de la belle Elsie enregistrée sur son dernier album, « L'existoire » : elle qui aimerait tant que l'homme aimé ne disparaisse pas de sa vie, une fois son contrat achevé :
« Souviens-toi de mon nom: Elsie
Comme du vent doux sur la toundra
Et si un jour ton coeur choisit,
J'aimerais tellement qu'il vienne à moi ».
Autre ambiance pour « Avec l'amour de Jésus », hymne à l'amour qui incite le chanteur à se lancer dans des digressions offertes entre deux couplets, du côté du Vatican de la Mecque. Avec toujours cette manière de chatouiller, voire de griffer sans en avoir l'air, en jouant l'offusqué souriant. De quoi ravir le public qui s'est empressé, dès l'issue du concert, d'acheter son dernier CD .. par ailleurs introuvable en France.
Un constat qui en dit long tous ces talents francophones d'Amérique du Nord dont les enregistrements ne sont suffisament « rentables » pour bénéficier d'une distribution digne de ce nom.
Quant à Richard Desjardins, c’est devant une sale archicomble qu’il s’est produit avec sa « guétard » : franc-parler, refus des dogmes et des conformismes, humour décalé … Ses chansons emportent l’adhésion du public sans hésitation. On aura ainsi appris entre deux refrains que le gouvernement fédéral du Canada compte dans ses rangs un ministre adhérant aux idées créationnistes.
Et que dire de ces moments de magie où l'artiste chante - murmure presque - l'histoire de la belle Elsie enregistrée sur son dernier album, « L'existoire » : elle qui aimerait tant que l'homme aimé ne disparaisse pas de sa vie, une fois son contrat achevé :
« Souviens-toi de mon nom: Elsie
Comme du vent doux sur la toundra
Et si un jour ton coeur choisit,
J'aimerais tellement qu'il vienne à moi ».
Autre ambiance pour « Avec l'amour de Jésus », hymne à l'amour qui incite le chanteur à se lancer dans des digressions offertes entre deux couplets, du côté du Vatican de la Mecque. Avec toujours cette manière de chatouiller, voire de griffer sans en avoir l'air, en jouant l'offusqué souriant. De quoi ravir le public qui s'est empressé, dès l'issue du concert, d'acheter son dernier CD .. par ailleurs introuvable en France.
Un constat qui en dit long tous ces talents francophones d'Amérique du Nord dont les enregistrements ne sont suffisament « rentables » pour bénéficier d'une distribution digne de ce nom.
Le « conteur » Dominique Breau et Christine Lavoie, attachée culturelle de la Société nationale de l’Acadie
Marcie : des chansons souvent teintées de blessures affectives
Au niveau des artistes qu’il aura été possible de voir – n’ayant pas encore le don d’ubiquité indispensables durant de telles soirées marathons- retenons deux noms méritant une attention particulière.
A commencer par la jeune Marcie, originaire de la région du Saguenay, accompagné par trois excellents musiciens dont le franco-québécois Ludo Pin. Lequel poursuit par ailleurs sa carrière en solo aux accents electro-rock avec deux albums à son actif.
La jeune Québécoise s’affirme comme une auteure-compositrice et interprète refuse la facilité des textes répétitifs. Ici place au partage des sensations et des émotions.
Marcie aura régalé une bonne centaine de personnes au Théâtre de la Voirie avec ses chansons douces-amères entre amours blessés, ruptures subies et besoin de trouver le bonheur : un répertoire tout en nuances, sans refrains à l’eau de rose. Avec des textes soignés où chaque mot est choisi avec soin. Des chansons où l’on prend le temps - sans jamais hausser le ton - d’exprimer ses sentiments souvent teintés de blessures affectives.
Et l’on se dit en découvrant ce tour de chant offert pour la première fois à un public suisse, que Marcie aurait tout à gagner en bénéficiant de l’expérience Rencontres d’Astaffort. Un p’tit séjour au Centre des Ecritures de la Chanson lancée par Voix du Sud sous l’égide de Francis Cabrel : histoire de confronter son inspiration à celle des autres, et d’élargir ses thèmes de prédilection souvent empreints d’une douce mélancolie.
A commencer par la jeune Marcie, originaire de la région du Saguenay, accompagné par trois excellents musiciens dont le franco-québécois Ludo Pin. Lequel poursuit par ailleurs sa carrière en solo aux accents electro-rock avec deux albums à son actif.
La jeune Québécoise s’affirme comme une auteure-compositrice et interprète refuse la facilité des textes répétitifs. Ici place au partage des sensations et des émotions.
Marcie aura régalé une bonne centaine de personnes au Théâtre de la Voirie avec ses chansons douces-amères entre amours blessés, ruptures subies et besoin de trouver le bonheur : un répertoire tout en nuances, sans refrains à l’eau de rose. Avec des textes soignés où chaque mot est choisi avec soin. Des chansons où l’on prend le temps - sans jamais hausser le ton - d’exprimer ses sentiments souvent teintés de blessures affectives.
Et l’on se dit en découvrant ce tour de chant offert pour la première fois à un public suisse, que Marcie aurait tout à gagner en bénéficiant de l’expérience Rencontres d’Astaffort. Un p’tit séjour au Centre des Ecritures de la Chanson lancée par Voix du Sud sous l’égide de Francis Cabrel : histoire de confronter son inspiration à celle des autres, et d’élargir ses thèmes de prédilection souvent empreints d’une douce mélancolie.
Mario Brassard : sa poésie raconte l'ile d'Orléans et le Saint-Laurent
Jeudi 7 juin, Théâtre de la Voirie: Mario Brassard accompagné au pîano par Guillaume Saint-Laurent, par
Autre univers, lui aussi loin des paillettes du monde du spectacle : Mario Brassard. Il s’est forgé un public de fidèles comme en a témoigné son spectacle de plus d’une heure, au Théâtre de la Voirie. Un public qui fredonne même certaines de ses chansons.
Pas étonnant, car à force de participer à chaque édition du festival de Pully depuis sa première édition, Mario Brassard s’est forgé une certaine renommée auprès des amateurs de chansons françaises d’une incontestable qualité tant dans le choix des sujets que la manière de les traiter.
Cette fidélité de Mario Brassard à Pully, on la doit au président du comté organisation du festival Rico Pierrard qui soutient sans failles cet artiste plutôt discret sur sa terre natale. Hélas, trop rares sont ses apparitions publiques au Québec. Et quand il s'y produit, c’est (trop souvent) pour mettre en valeur le répertoire de « grands noms de la chanson francophone ».
En concluant son tour de chant par « La Grande Hermine » - sans doute sa chanson la plus connue - l’ambassadeur si inspiré par l’Ile d’Orléans et du fleuve Le Saint-Laurent a touché le cœur d’un auditoire à la fois silencieux durant les chansons et très démonstratif au moment des applaudissements.
Car Mario Brassard ne se contente pas de peindre les états d’âme de ceux qui sont mal dans leur peau ou qui respirent la joie de vivre. Ses textes mettent en lumière divers pans de l’Histoire du Québec tels la vie de Jeanne Leber ou l’invasion des Anglais sur l’Ile d’Orléans (« Ils ont pris le fleuve) ».
Ceux qui ont savouré le destin du gardien de phare Arthur Leblanc, la légende de la Dame Blanche liée aux chûtes de Montmorency ont aussi vibré à l’hommage rythmé à Benny Goodman : superbe chanson sur ce clarinettiste et chef d’orchestre de jazz américain : un vrai pionnier dans son milieu pour avoir engagé des musiciens noirs.
Calme et discret dans la vie, Mario Brassard donne libre cours à sa passion des mots et de l’Histoire de son pays dans des chansons travaillées avec patience. Guitare à la main, il est accompagné sur la plupart de ses refrains par le pianiste Guillaume Saint-Laurent, par ailleurs directeur artistique de la comédie musicale « Chantons sous la pluie » présentée cet été à Montréal.
Fidèle à une tradition renouvelée à chaque édition, Mario Brassard a également chanté au centre médico-social situé non loin du Théâtre de l'Octogone : une heure entre son répertoire et des reprises de Félix Leclerc, Georges Moustaki, Francis Cabrel, Charles Aznavour, Joe Dassin et Cie.
Pas étonnant, car à force de participer à chaque édition du festival de Pully depuis sa première édition, Mario Brassard s’est forgé une certaine renommée auprès des amateurs de chansons françaises d’une incontestable qualité tant dans le choix des sujets que la manière de les traiter.
Cette fidélité de Mario Brassard à Pully, on la doit au président du comté organisation du festival Rico Pierrard qui soutient sans failles cet artiste plutôt discret sur sa terre natale. Hélas, trop rares sont ses apparitions publiques au Québec. Et quand il s'y produit, c’est (trop souvent) pour mettre en valeur le répertoire de « grands noms de la chanson francophone ».
En concluant son tour de chant par « La Grande Hermine » - sans doute sa chanson la plus connue - l’ambassadeur si inspiré par l’Ile d’Orléans et du fleuve Le Saint-Laurent a touché le cœur d’un auditoire à la fois silencieux durant les chansons et très démonstratif au moment des applaudissements.
Car Mario Brassard ne se contente pas de peindre les états d’âme de ceux qui sont mal dans leur peau ou qui respirent la joie de vivre. Ses textes mettent en lumière divers pans de l’Histoire du Québec tels la vie de Jeanne Leber ou l’invasion des Anglais sur l’Ile d’Orléans (« Ils ont pris le fleuve) ».
Ceux qui ont savouré le destin du gardien de phare Arthur Leblanc, la légende de la Dame Blanche liée aux chûtes de Montmorency ont aussi vibré à l’hommage rythmé à Benny Goodman : superbe chanson sur ce clarinettiste et chef d’orchestre de jazz américain : un vrai pionnier dans son milieu pour avoir engagé des musiciens noirs.
Calme et discret dans la vie, Mario Brassard donne libre cours à sa passion des mots et de l’Histoire de son pays dans des chansons travaillées avec patience. Guitare à la main, il est accompagné sur la plupart de ses refrains par le pianiste Guillaume Saint-Laurent, par ailleurs directeur artistique de la comédie musicale « Chantons sous la pluie » présentée cet été à Montréal.
Fidèle à une tradition renouvelée à chaque édition, Mario Brassard a également chanté au centre médico-social situé non loin du Théâtre de l'Octogone : une heure entre son répertoire et des reprises de Félix Leclerc, Georges Moustaki, Francis Cabrel, Charles Aznavour, Joe Dassin et Cie.
Originaire de Saint-Jean, au sud du Nouveau-Brunswick, le groupe Tradition joue la carte de la joie de vivre et du rythme rock, cajun et blues
A l'issue du spectacle pour enfants, séance de dédicace de Monique sur les feuilles contenant les paroles de deux chansons acadiennes : « Parler de paradis » et « Le temps qui s’arrête »
Monique Poirier : voyage au coeur de l'Acadie avec les enfants
Mais revenons-en à cette grande première qu’aura constitué la présence d’une Acadie à la fois moderne et dynamique, et cependant enracinée dans la célébration de certaines valeurs.
C'est dans ces valeurs que s'enracinent les retrouvailles familiales chères au Congrès Mondial Acadien prévu du 8 au 24 août 2014 dans l’Acadie des terres et forêts, « une région unique, multiculturelle et internationale» : le nord-ouest du Nouveau-Brunswick (Canada) ; le nord du compté d’Aroostook au Maine (Etats-Unis) et la MRC (municipalité régionale de comté) de Témiscouata au Québec.
Nombre de dépliants ont été distribués tout au long du festival et notamment à la fin des spectacles sur l’Histoire et les coutumes de l’Acadie racontée en paroles et en musique, plusieurs matins de suite, par Monique Poirier et ses musiciens : une animation scolaire réunissant chaque fois près de 200 jeunes ! La séance du jeudi 7 juin m’aura permis de constater l’efficacité d’une telle initiative, car la chanteuse ne se contente pas de mettre en valeur sa terre natale.
Les enfants ont chanté avec elle une chanson acadienne apprise quelques jours plus tôt avec leurs enseignants, et l’artiste acadienne leur a interprété un titre connu chez les jeunes Suisses : une drôle d’histoire de vache et d’hélicoptère !
C'est dans ces valeurs que s'enracinent les retrouvailles familiales chères au Congrès Mondial Acadien prévu du 8 au 24 août 2014 dans l’Acadie des terres et forêts, « une région unique, multiculturelle et internationale» : le nord-ouest du Nouveau-Brunswick (Canada) ; le nord du compté d’Aroostook au Maine (Etats-Unis) et la MRC (municipalité régionale de comté) de Témiscouata au Québec.
Nombre de dépliants ont été distribués tout au long du festival et notamment à la fin des spectacles sur l’Histoire et les coutumes de l’Acadie racontée en paroles et en musique, plusieurs matins de suite, par Monique Poirier et ses musiciens : une animation scolaire réunissant chaque fois près de 200 jeunes ! La séance du jeudi 7 juin m’aura permis de constater l’efficacité d’une telle initiative, car la chanteuse ne se contente pas de mettre en valeur sa terre natale.
Les enfants ont chanté avec elle une chanson acadienne apprise quelques jours plus tôt avec leurs enseignants, et l’artiste acadienne leur a interprété un titre connu chez les jeunes Suisses : une drôle d’histoire de vache et d’hélicoptère !
Deux élèves suisses mis à contribution par Monique Poirier pour taper du pied et jouer des cuillères en bois
Pascal Lejeune et Joseph Edgar : l'énergie au service d'une Acadie sans frontières musicales
La chanson acadienne d’aujourd’hui n’est plus cachée dans les jupes de l’inconsolable Evangeline ou dissimilée derrière le drapeau tricolore acadien. C’est ce que confirment avec éclat aussi bien Pascal Lejeune que Joseph Edgard.
Pascal Lejeune, que l’on surnommait « le Brassens acadien » à ses débuts, a changé de peau, ne cachant plus ses tatouages, affichant un sens du rock qu’il partage avec des musiciens d’une redoutable complicité, tel l’infatigable guitariste John Boulay. Une mutation qui lui réussit d’autant mieux qu’on sent chez lui, sur scène et dans la vie, une évidente complicité avec ses compères qui s’en donnent à cœur joie. Pas étonnant que Joseph Edgar ait eu envie de revenir pour se transformer en choriste de Pascal, le temps d’une ou deux chansons.
Quant à Joseph Edgard, son aisance scénique savourée sans retenue sous le chapiteau acadien de Lorient en août dernier –voir article sur ce site – s’est encore bonifiée.
Et ce n’est pas de la flagornerie que d’affirmer cela. Vrai bête de scène, au point d’en laisser tomber son éternel chapeau vissé sur la tête, il se lance à cœur et corps perdu dans d’incroyables histoires d’arbres, de routes, d’errances aussi. De quoi susciter un vrai enthousiasme d’une partie du public qui ne s’est contenté de manger de la poutine et des brochettes de wapiti. On en redemande avec Joseph Edgard, comme avec Pascal Lejeune.
Pascal Lejeune, que l’on surnommait « le Brassens acadien » à ses débuts, a changé de peau, ne cachant plus ses tatouages, affichant un sens du rock qu’il partage avec des musiciens d’une redoutable complicité, tel l’infatigable guitariste John Boulay. Une mutation qui lui réussit d’autant mieux qu’on sent chez lui, sur scène et dans la vie, une évidente complicité avec ses compères qui s’en donnent à cœur joie. Pas étonnant que Joseph Edgar ait eu envie de revenir pour se transformer en choriste de Pascal, le temps d’une ou deux chansons.
Quant à Joseph Edgard, son aisance scénique savourée sans retenue sous le chapiteau acadien de Lorient en août dernier –voir article sur ce site – s’est encore bonifiée.
Et ce n’est pas de la flagornerie que d’affirmer cela. Vrai bête de scène, au point d’en laisser tomber son éternel chapeau vissé sur la tête, il se lance à cœur et corps perdu dans d’incroyables histoires d’arbres, de routes, d’errances aussi. De quoi susciter un vrai enthousiasme d’une partie du public qui ne s’est contenté de manger de la poutine et des brochettes de wapiti. On en redemande avec Joseph Edgard, comme avec Pascal Lejeune.
Humour et rigueur pour la présentation des artistes acadiens avant leur concert : une initiative de l'efficace et souriant Jérôme Gaudin ici en compagnie de Lina Boudreau et Rico Pierrard
Lisa LeBlanc : la volonté de séduire
Mais avouons tout de même que l’acoustique d’un tel chapiteau – décoré avec brio de grandes affiches des artistes acadiens invités à Pully - n’est pas apte à mettre en évidence la voix de Lisa LeBlanc.
Surtout quand elle chante à l’heure où l’on fait la queue pour chercher à manger, ou qu’on discute sans retenue autour d’une bière ou d'une spécialité québécoise en famille ou entre amis.
Pas facile pour elle de séduire les spectateurs plus préoccupés par leur repas que ses chansons. Il lui en aura fallu de la volonté - et du talent - pour retenir l’attention d’une assistance peu respectueuse de son talent. Un public globalement peu sensible à cet attachant univers folk-trash comme elle aime le définir avec ses chansons coup de poing et son accent d’une authenticité incontestable. Avec ici et là une sensibilité à fleur de peau avec tout simplement l’envie d’être heureux à deux.
Surtout quand elle chante à l’heure où l’on fait la queue pour chercher à manger, ou qu’on discute sans retenue autour d’une bière ou d'une spécialité québécoise en famille ou entre amis.
Pas facile pour elle de séduire les spectateurs plus préoccupés par leur repas que ses chansons. Il lui en aura fallu de la volonté - et du talent - pour retenir l’attention d’une assistance peu respectueuse de son talent. Un public globalement peu sensible à cet attachant univers folk-trash comme elle aime le définir avec ses chansons coup de poing et son accent d’une authenticité incontestable. Avec ici et là une sensibilité à fleur de peau avec tout simplement l’envie d’être heureux à deux.
Lennie Gallant : militant de la langue française
Autre registre avec Lennie Gallant et ses histoires de fantômes et de tempêtes, ses chansons pour « briser les murs et les chaines » : sacré parcours que celui de cet enfant de l’Ile du Prince-Edouard élevé dans un environnement essentiellement anglophone !
Désormais établi en Nouvelle-Ecosse, Il a décidé d’apprendre - voici quelques années - le français et est en devenu un des ambassadeurs à travers ses refrains rythmés. Un nouveau départ pour cet artiste déjà connu pour ses albums enregistrés en anglais et qui lui avaient offert une incontestable notoriété dans les Provinces Maritimes.
Sa nouvelle démarche artistique dans les écoles est tout à son honneur et témoigne – comme pour Roland Gauvin alias « Monsieur Crapaud » - de cette priorité absolue que constitue l’éveil des enfants à la langue française d’une manière ludique et cependant des plus militantes.
Désormais établi en Nouvelle-Ecosse, Il a décidé d’apprendre - voici quelques années - le français et est en devenu un des ambassadeurs à travers ses refrains rythmés. Un nouveau départ pour cet artiste déjà connu pour ses albums enregistrés en anglais et qui lui avaient offert une incontestable notoriété dans les Provinces Maritimes.
Sa nouvelle démarche artistique dans les écoles est tout à son honneur et témoigne – comme pour Roland Gauvin alias « Monsieur Crapaud » - de cette priorité absolue que constitue l’éveil des enfants à la langue française d’une manière ludique et cependant des plus militantes.
Lina Boudreau : entre Acadie et Louisiane
Même constat pour la chanteuse Lina Boudreau dont la voix intense n’était pas, elle non plus, mise en relief dans un tel environnement des plus bruyants. Avec un répertoire fait sur mesure pour ce genre de prestation – plus proche de l’animation musicale que du concert - elle aura tout de même prouvé que le talent d’une artiste c’est de pouvoir d’adapter à toutes les situations.
Chapeau l’artiste avec son répertoire enraciné en Acadie et en Louisiane. De surcroît elle était accompagné par trois excellents musiciens : Rejean Bouchard, Félix Leroux et Yves Marchand, par ailleurs connu pour ses nombreux spectacles en duo acadico-québécois avec Isabelle Cyr.
Une question se pose cependant au sujet de Lina Boudreau : était-il nécessaire qu’elle remonte sur scène pour se transformer en choriste de Lisa LeBlanc entonnant son célèbre « Ma vie c’est d’la marde » ?
L’univers de Lisa et de Lina ne sont pas les mêmes, et il n’est pas indispensable de vouloir forger une passerelle si elle est artificielle : par contre, le fait d’avoir mis à contribution Joseph Edgard pour lui écrire une chanson (« 366 jours ») est tout à l’honneur de Lina Boudreau : un titre à retrouver sans doute sur le prochain album de la chanteuse.
Mention spéciale pour l’interprétation de « Amène le vent » signée Ronald Bourgeois : superbe chanson qui ouvre l’album Femme de l’eau » enregistré en 1999.
Chapeau l’artiste avec son répertoire enraciné en Acadie et en Louisiane. De surcroît elle était accompagné par trois excellents musiciens : Rejean Bouchard, Félix Leroux et Yves Marchand, par ailleurs connu pour ses nombreux spectacles en duo acadico-québécois avec Isabelle Cyr.
Une question se pose cependant au sujet de Lina Boudreau : était-il nécessaire qu’elle remonte sur scène pour se transformer en choriste de Lisa LeBlanc entonnant son célèbre « Ma vie c’est d’la marde » ?
L’univers de Lisa et de Lina ne sont pas les mêmes, et il n’est pas indispensable de vouloir forger une passerelle si elle est artificielle : par contre, le fait d’avoir mis à contribution Joseph Edgard pour lui écrire une chanson (« 366 jours ») est tout à l’honneur de Lina Boudreau : un titre à retrouver sans doute sur le prochain album de la chanteuse.
Mention spéciale pour l’interprétation de « Amène le vent » signée Ronald Bourgeois : superbe chanson qui ouvre l’album Femme de l’eau » enregistré en 1999.
Journée des professionnels sous l'égide de la Société Nationale de l'Acadie et de la stratégie de promotion des artistes acadiens sur la scène internationale
Superbes photos de Manon Gagnon, réalisatrice de cette vidéo mettant en valeur « Mon pays », une des chansons-phares de Claude Léveillée auquel a été rendu hommage samedi 9 juin à l'Octogone Théâtre de Pully.
Nul doute que l’Acadie mérite pleinement sa place dans un festival d’une telle qualité que Pully. D’où l’importance de la présence d’une autre facette artistique que la chanson... avec les histoires drôles et émouvantes offertes avec un sourire contagieux par le « conteux » Dominique Breau : un vrai talent de raconteur, qui sait s’y prendre pour emmener le public où il veut.
Car l’Acadie a encore bien du chemin à accomplir pour bénéficier d’une notoriété comme celle du Québec. C’est dire le rôle incontournable assuré par le CRIA, le centre de ressources international acadien présenté par Carole Doucet aux délégués français, suisses, belges, acadiens et québécois venus au festival dans le cadre de cette intense journée professionnelle. Avec entre autres un « speed-dating acadien » : en l‘occurrence une rencontre d’affaires individuelles entre artistes et agents acadiens face délégués venus à Pully.
D’où nombre d’échanges autour des trois tables animées par trois professionnels : Carole Doucet (gérance d’artistes et booking de spectacles Gaétan Roy (gérant de Lina Boudreau) et Christine Lavoie, attachée culturelle de la SNA, la Société nationale de l’Acadie qui vient de doter d’un nouveau président, René Légère. Une étape de plus franchie sous l’égide de la SPAASI, la fameuse stratégie de promotion des artistes acadiens sur la scène internationale. De quoi donner des idées à Rico Pierrard, responsable de la programmation et Denis Alber, directeur artistique.
Un festival à retrouver donc dans deux ans dans les villes de Pully, Lutry, Paudex, Belmont et les communes de Lavaux.
Pour en savoir plus sur le festival cliquez ici
Texte et photos Albert Weber
Voici la liste des Trophées Guy Bel remis à sept artistes dans différentes catégories :
Auteur-compositeur-féminin Ingrid Saint‐Pierre
Auteur-compositeur-masculin Alexandre Poulin
Interprète féminin Jorane
Interprète masculin Mario Brassard
Révélation Marcie
Prix du Jury Caroline Desbiens
Prix de la ville de Pully Monique Poirier.
Ces artistes sont repartis avec pour récompense une sculpture du forgeron de l’Ile d’Orléans Guy Bel, présent sur scène, ainsi qu’un chèque de mille francs suisses.
Nul doute que l’Acadie mérite pleinement sa place dans un festival d’une telle qualité que Pully. D’où l’importance de la présence d’une autre facette artistique que la chanson... avec les histoires drôles et émouvantes offertes avec un sourire contagieux par le « conteux » Dominique Breau : un vrai talent de raconteur, qui sait s’y prendre pour emmener le public où il veut.
Car l’Acadie a encore bien du chemin à accomplir pour bénéficier d’une notoriété comme celle du Québec. C’est dire le rôle incontournable assuré par le CRIA, le centre de ressources international acadien présenté par Carole Doucet aux délégués français, suisses, belges, acadiens et québécois venus au festival dans le cadre de cette intense journée professionnelle. Avec entre autres un « speed-dating acadien » : en l‘occurrence une rencontre d’affaires individuelles entre artistes et agents acadiens face délégués venus à Pully.
D’où nombre d’échanges autour des trois tables animées par trois professionnels : Carole Doucet (gérance d’artistes et booking de spectacles Gaétan Roy (gérant de Lina Boudreau) et Christine Lavoie, attachée culturelle de la SNA, la Société nationale de l’Acadie qui vient de doter d’un nouveau président, René Légère. Une étape de plus franchie sous l’égide de la SPAASI, la fameuse stratégie de promotion des artistes acadiens sur la scène internationale. De quoi donner des idées à Rico Pierrard, responsable de la programmation et Denis Alber, directeur artistique.
Un festival à retrouver donc dans deux ans dans les villes de Pully, Lutry, Paudex, Belmont et les communes de Lavaux.
Pour en savoir plus sur le festival cliquez ici
Texte et photos Albert Weber
Voici la liste des Trophées Guy Bel remis à sept artistes dans différentes catégories :
Auteur-compositeur-féminin Ingrid Saint‐Pierre
Auteur-compositeur-masculin Alexandre Poulin
Interprète féminin Jorane
Interprète masculin Mario Brassard
Révélation Marcie
Prix du Jury Caroline Desbiens
Prix de la ville de Pully Monique Poirier.
Ces artistes sont repartis avec pour récompense une sculpture du forgeron de l’Ile d’Orléans Guy Bel, présent sur scène, ainsi qu’un chèque de mille francs suisses.





9ÈME FESTIVAL PULLY-LAVAUX : à l'heure du Québec et de l'Acadie















