Présentation d'une des chansons en vue de la soirée finale réunissant tous les astagiaires à la Music'Halle d'Astaffort
« Hey les gars, vous êtes de très bons musiciens. Votre musique est fort et solide (mais...) vos textes sont sans intérêt. Bonne continuation »
Mais pourquoi Francis Cabrel a-t-il créé un tel organisme de formation qui réalise depuis octobre 1994 les Rencontres d'Astaffort ?
Oui, pourquoi s'est-il lancé dans la mise sur pied de stages de formation destiné à de jeunes (et moins jeunes) auteurs, compositeurs et interprètes ?
Commençons par une anecdote enracinée dans le milieu des années 90, en Alsace. Elle a pour décor une des agences des Dernières Nouvelles d’Alsace, celle de Sélestat où je suis alors journaliste.
Au fil des articles publiés sur les artistes et groupes de la région, des contacts se nouent entre créateurs et journaliste. Entre conseils et confidences aussi … D’où une surprise de taille lors de retrouvailles avec un auteur-compositeur-interprète régional m’évoquant le dernier album de son groupe aux accents rock français. Un album dont le groupe était fier et qu’il avait envoyé à l’homme d’Astaffort, histoire d’avoir son avis sur les chansons enregistrées.
D’où la réaction mi-figue, mi-raisin de l’intéressé m’apportant une photocopie de la réaction de Francis Cabrel, rédigé de sa main sur un document reprenant sa discographie. « Hey les gars, vous êtes de très bons musiciens. Votre musique est fort et solide (mais...) vos textes sont sans intérêt. Bonne continuation. Francis Cabrel »
Ce document reproduit ci-dessous, c’est l’exemple même de ce qui s’est passé durant des années du côté d’Astaffort !
Car il est évident qu’à force d’être sollicité pour des conseils, à force de recevoir albums et maquettes transmis par des artistes et des groupes de France et de l'espace francophone en quête de conseils, la situation ne pouvait plus durer ! Impossible pour Francis Cabrel de continuer à répondre à l'avalanche de courriers arrivant sans arrêt chez lui, voire par des chemins de traverse passant par la mairie d'Astaffort .
Oui, pourquoi s'est-il lancé dans la mise sur pied de stages de formation destiné à de jeunes (et moins jeunes) auteurs, compositeurs et interprètes ?
Commençons par une anecdote enracinée dans le milieu des années 90, en Alsace. Elle a pour décor une des agences des Dernières Nouvelles d’Alsace, celle de Sélestat où je suis alors journaliste.
Au fil des articles publiés sur les artistes et groupes de la région, des contacts se nouent entre créateurs et journaliste. Entre conseils et confidences aussi … D’où une surprise de taille lors de retrouvailles avec un auteur-compositeur-interprète régional m’évoquant le dernier album de son groupe aux accents rock français. Un album dont le groupe était fier et qu’il avait envoyé à l’homme d’Astaffort, histoire d’avoir son avis sur les chansons enregistrées.
D’où la réaction mi-figue, mi-raisin de l’intéressé m’apportant une photocopie de la réaction de Francis Cabrel, rédigé de sa main sur un document reprenant sa discographie. « Hey les gars, vous êtes de très bons musiciens. Votre musique est fort et solide (mais...) vos textes sont sans intérêt. Bonne continuation. Francis Cabrel »
Ce document reproduit ci-dessous, c’est l’exemple même de ce qui s’est passé durant des années du côté d’Astaffort !
Car il est évident qu’à force d’être sollicité pour des conseils, à force de recevoir albums et maquettes transmis par des artistes et des groupes de France et de l'espace francophone en quête de conseils, la situation ne pouvait plus durer ! Impossible pour Francis Cabrel de continuer à répondre à l'avalanche de courriers arrivant sans arrêt chez lui, voire par des chemins de traverse passant par la mairie d'Astaffort .
Francis Cabrel, Jean-François Laffitte, Richard Seff : le trio des pionniers
Pas étonnant donc que Francis Cabrel livre à Fred Hidalgo (Chorus 48, été 2004) le constat suivant : « Je recevais souvent des lettres avec de jolis textes, des cassettes avec de belles voix, ou des chansons qui n’étaient pas si mal que ça … mais qu’en faire puisque je m’auto-suffis en tant que chanteur ?
Que faire pour aider ces gens là ? Et puis, comme entre-temps j’étais devenu conseiller municipal, que nous cherchions un projet artistique pour le village et qu’il y avait ce bâtiment à l’abandon depuis une quinzaine d’années, tout ça mélangé a débouché sur l’idée des Rencontres ».
Soutenu par l’équipe municipale – comme l’actuel maire André Garros l’a bien raconté dans le 2ème volet de ce dossier – le projet de Cabrel a donc pu se réaliser. Un projet qui a retenu l’attention de la SACEM, au point d’avoir publié, sous la signature de Pierre Achard, un dossier de six pages dans Notes, le journal de la SACEM/SDRM (n° 144, janvier 1995).
Ce dossier de six pages sur les 1ères Rencontres d’Astaffort était intitulé « Cabrel L’ACI qui créait des équipes ». S’y ajoutaient encore deux autres consacrées à « Richard Seff : 20 ans d’expérience en une semaine de cours ».
Et pour cause puisque Richard Seff fait partie du fameux trio à l’origine de ces Rencontres d’Astaffort. Sa rencontre avec Francis Cabrel remonte à 1974, lors d’un concours de Sud-Radio dont Francis était un des finalistes. Face à lui un jury dans lequel se trouvent Richard Seff et son frère Daniel.
« Il avait alors trois chansons à son actif, parmi lesquelles « Petite Marie », qui en disait long sur son potentiel, et moi, j’ai eu ce jour-là ma plus forte émotion face à un artiste.
On a fait ensemble des maquettes au studio Condorcet et, en fait, je me suis découvert producteur en le découvrant, alors que je n’ai jamais pensé à écrire pour lui. C’est toute la différence entre un parolier et un auteur : le talent du premier, c’est de faire parler les autres assez bien, en restant sincère et proche de lui-même, comme un dialoguiste, alors que certains « se font parler très bien eux-mêmes » et ce sont les auteurs, comme Francis Cabrel »
Que faire pour aider ces gens là ? Et puis, comme entre-temps j’étais devenu conseiller municipal, que nous cherchions un projet artistique pour le village et qu’il y avait ce bâtiment à l’abandon depuis une quinzaine d’années, tout ça mélangé a débouché sur l’idée des Rencontres ».
Soutenu par l’équipe municipale – comme l’actuel maire André Garros l’a bien raconté dans le 2ème volet de ce dossier – le projet de Cabrel a donc pu se réaliser. Un projet qui a retenu l’attention de la SACEM, au point d’avoir publié, sous la signature de Pierre Achard, un dossier de six pages dans Notes, le journal de la SACEM/SDRM (n° 144, janvier 1995).
Ce dossier de six pages sur les 1ères Rencontres d’Astaffort était intitulé « Cabrel L’ACI qui créait des équipes ». S’y ajoutaient encore deux autres consacrées à « Richard Seff : 20 ans d’expérience en une semaine de cours ».
Et pour cause puisque Richard Seff fait partie du fameux trio à l’origine de ces Rencontres d’Astaffort. Sa rencontre avec Francis Cabrel remonte à 1974, lors d’un concours de Sud-Radio dont Francis était un des finalistes. Face à lui un jury dans lequel se trouvent Richard Seff et son frère Daniel.
« Il avait alors trois chansons à son actif, parmi lesquelles « Petite Marie », qui en disait long sur son potentiel, et moi, j’ai eu ce jour-là ma plus forte émotion face à un artiste.
On a fait ensemble des maquettes au studio Condorcet et, en fait, je me suis découvert producteur en le découvrant, alors que je n’ai jamais pensé à écrire pour lui. C’est toute la différence entre un parolier et un auteur : le talent du premier, c’est de faire parler les autres assez bien, en restant sincère et proche de lui-même, comme un dialoguiste, alors que certains « se font parler très bien eux-mêmes » et ce sont les auteurs, comme Francis Cabrel »
« Nous avons donc décidé de les aider à se rencontrer en nous équipant de structures pour les accueillir de la manière la plus conviviale , naturelle possible, et surtout … pas trop administrative »
Tout est prétexte pour échanger en toute spontanéité comme ici durant un repas entre les astagiaires et Francis Cabrel
Pas étonnant donc que Cabrel ait pensé à Richard Seff pour lancer la première édition de ces Rencontres d’Astaffort évoquées par Pierre Achard.
« L’idée de créer ces Rencontres m’est venue du fait que je reçois beaucoup de courrier de gens isolés, désespérés de ne pas trouver d’interlocuteurs dans ce métier, mais beaucoup de chansons sur cassettes, dont certaines sont bien chantées ou bien composées, mais pêchent par quelques faiblesses de texte, alors qu’à 200 ou 300 kilomètres de là, il y a sûrement un bon auteur qui, lui, est en mal de musiques originales et qui va m’écrire aussi pour me demander de l’aide.
Nous avons donc décidé de les aider à se rencontrer en nous équipant de structures pour les accueillir de la manière la plus conviviale , naturelle possible, et surtout … pas trop administrative.
Tout cela part d’abord d’un élan affectif. Et ca a marché : après un temps d’observation, les 18 auteurs, compositeurs, interprètes se sont choisis entre eux pour former des équipes qui ont, d’ores et déjà, donné de beaux résultats si l’on en juge entre leurs textes du début et de la fin du stage, par exemple.
Et Francis Cabrel de préciser à Pierre Achard : «Chacun a joué son propre jeu, s’est remis en cause par rapport aux autres et a donc évolué dans son propre domaine. Et j’ai pour ma part découvert durant ces quelques jours de belles écritures chez certains de nos « stagiaires » qui ont écrit ensemble une quinzaine de chansons, dont huit ont été interprétées sur scène le dernier soir à la Music’Halle d’Astaffort.
Et j’espère qu’il y en aura beaucoup d’autres par la suite, au-delà du stage ! Il y aura une seconde saison dès février, et nous avons reçu cette fois-ci près de 400 demandes pour seulement 18 places (parmi lesquelles, soit dit en passant, beaucoup plus de garçons que de filles : une seule dans le stage, et un certain nombre de dossiers incomplets). Alors il y a de quoi faire ! »
« L’idée de créer ces Rencontres m’est venue du fait que je reçois beaucoup de courrier de gens isolés, désespérés de ne pas trouver d’interlocuteurs dans ce métier, mais beaucoup de chansons sur cassettes, dont certaines sont bien chantées ou bien composées, mais pêchent par quelques faiblesses de texte, alors qu’à 200 ou 300 kilomètres de là, il y a sûrement un bon auteur qui, lui, est en mal de musiques originales et qui va m’écrire aussi pour me demander de l’aide.
Nous avons donc décidé de les aider à se rencontrer en nous équipant de structures pour les accueillir de la manière la plus conviviale , naturelle possible, et surtout … pas trop administrative.
Tout cela part d’abord d’un élan affectif. Et ca a marché : après un temps d’observation, les 18 auteurs, compositeurs, interprètes se sont choisis entre eux pour former des équipes qui ont, d’ores et déjà, donné de beaux résultats si l’on en juge entre leurs textes du début et de la fin du stage, par exemple.
Et Francis Cabrel de préciser à Pierre Achard : «Chacun a joué son propre jeu, s’est remis en cause par rapport aux autres et a donc évolué dans son propre domaine. Et j’ai pour ma part découvert durant ces quelques jours de belles écritures chez certains de nos « stagiaires » qui ont écrit ensemble une quinzaine de chansons, dont huit ont été interprétées sur scène le dernier soir à la Music’Halle d’Astaffort.
Et j’espère qu’il y en aura beaucoup d’autres par la suite, au-delà du stage ! Il y aura une seconde saison dès février, et nous avons reçu cette fois-ci près de 400 demandes pour seulement 18 places (parmi lesquelles, soit dit en passant, beaucoup plus de garçons que de filles : une seule dans le stage, et un certain nombre de dossiers incomplets). Alors il y a de quoi faire ! »
Des artistes qui ne se connaissaient pas voici quelques jours préparent ensemble un concert d'une quinzaine de chansons
«Mon travail c’est d’intervenir là où ça bloque : dans la composition d’une chanson, l’harmonisation, la mélodie, alors que Marc Estève s’occupe du texte »
A ces 1ères Rencontres d’Astaffort en 1994 a pris part un professionnel qui est, aujourd’hui en 2012, toujours au rendez-vous : Christian Alazard.
Il se souvient très bien de sa première expérience dans l’ancienne école. Venu pour présenter un « module de deux heures sur la voix, il a pris la parole face aux premiers astagiaires, alors qu’au fond de la salle étaient assis, silencieux et observateurs, le fameux trio des pionniers : Jean-François Laffitte, Richard Seff et Francis Cabrel.
Et cette intervention a visiblement convaincu les trois hommes, puisque Christian Alazard fait partie des intervenants ayant pris une part active à toutes les rencontres !
« Le principe n’a pas changé … Pendant trois ou quatre ans on essayait de se conforter sur des points de vue assez théoriques et on s’est vite aperçu qu’il fallait laisser faire les choses » explique-t-il en mettant l’accent sur le « jeu de miroir et l’’effet de miroir ».
« Je laisse arriver ces jeunes artistes qui ne se connaissent pas. Ils sont parfois de pays et de cultures différentes. On les met ensemble… et il y a un moment donné où tout le monde se regarde, se cherche, s’observe !
Et puis ça se met en route, ça relève des défis, ce se pousse, parfois ça bloque et c’est là qu’on intervient. Mon travail c’est d’intervenir là où ça bloque : dans la composition d’une chanson, l’harmonisation, la mélodie, alors que Marc Estève s’occupe du texte ».
Il se souvient très bien de sa première expérience dans l’ancienne école. Venu pour présenter un « module de deux heures sur la voix, il a pris la parole face aux premiers astagiaires, alors qu’au fond de la salle étaient assis, silencieux et observateurs, le fameux trio des pionniers : Jean-François Laffitte, Richard Seff et Francis Cabrel.
Et cette intervention a visiblement convaincu les trois hommes, puisque Christian Alazard fait partie des intervenants ayant pris une part active à toutes les rencontres !
« Le principe n’a pas changé … Pendant trois ou quatre ans on essayait de se conforter sur des points de vue assez théoriques et on s’est vite aperçu qu’il fallait laisser faire les choses » explique-t-il en mettant l’accent sur le « jeu de miroir et l’’effet de miroir ».
« Je laisse arriver ces jeunes artistes qui ne se connaissent pas. Ils sont parfois de pays et de cultures différentes. On les met ensemble… et il y a un moment donné où tout le monde se regarde, se cherche, s’observe !
Et puis ça se met en route, ça relève des défis, ce se pousse, parfois ça bloque et c’est là qu’on intervient. Mon travail c’est d’intervenir là où ça bloque : dans la composition d’une chanson, l’harmonisation, la mélodie, alors que Marc Estève s’occupe du texte ».
« On ne peut pas expliquer sur du papier l’énergie qui passe, il faut venir ici deux ou trois jours pour comprendre »
Le fameux panneau où les astagiaires notent les chansons travaillées ensemble : une bonne quarantaine de titres !
Et Christian Alazard de préciser : « On nous a souvent demandé comme ça se passait à Voix du Sud : vous avez des cours ? Des horaires ? Ah non ce n’est pas ça ! »
Alors quelle est donc cette fameuse méthode d’Astaffort ? Christian Alazard reprend de plus belle : « Quand on explique qu’on fait des chansons, c’est à la fois vide de sens et tellement plein en même temps ! On ne peut pas expliquer sur du papier l’énergie qui passe, il faut venir ici deux ou trois jours pour comprendre … Et on a quand même une sacrée expérience là-dedans !
Et toujours laisser sortir du ventre de chaque artiste ce qu’il a à faire, à dire et les pousser un peu plus loin. Eviter qu’il s’arrête là où il sait faire les choses, le pousser au-delà. Surtout ne pas faire à sa place. Des fois on peut aider en constatant un manque de technique par exemple, on débloque des situations qui sont à un moment dans une impasse et ça repart de plus belle.On voit aussi le tempérament de chacun, les identités de chacun. On les mélange adroitement».
Que de fois Christian Alazard n’a-t-il pas vu tel ou tel artiste arriver à Astaffort avec de grandes convictions quant à son style, son répertoire. Un tel arrivait, avec son expérience de « rocker qui arrive, persuadé de tout ». Et repartait quelques jours plus tard, avec une autre manière de composer une chanson, sans toujours rester fidèle à son répertoire initial.
A Astaffort, pas de contraintes ni de dirigisme : on le laisse faire, et puis l’intéressé se rend compte – au contact des autres auteurs, compositeurs et interprètes- qu’il existe sans doute encore d’autres voix/voies à explorer. C'est ce qui ressort d'ailleurs de nombre de réponses transmises par les astagiaires et qui seront publiées dans le 4ème volet de ce dossier.
Alors quelle est donc cette fameuse méthode d’Astaffort ? Christian Alazard reprend de plus belle : « Quand on explique qu’on fait des chansons, c’est à la fois vide de sens et tellement plein en même temps ! On ne peut pas expliquer sur du papier l’énergie qui passe, il faut venir ici deux ou trois jours pour comprendre … Et on a quand même une sacrée expérience là-dedans !
Et toujours laisser sortir du ventre de chaque artiste ce qu’il a à faire, à dire et les pousser un peu plus loin. Eviter qu’il s’arrête là où il sait faire les choses, le pousser au-delà. Surtout ne pas faire à sa place. Des fois on peut aider en constatant un manque de technique par exemple, on débloque des situations qui sont à un moment dans une impasse et ça repart de plus belle.On voit aussi le tempérament de chacun, les identités de chacun. On les mélange adroitement».
Que de fois Christian Alazard n’a-t-il pas vu tel ou tel artiste arriver à Astaffort avec de grandes convictions quant à son style, son répertoire. Un tel arrivait, avec son expérience de « rocker qui arrive, persuadé de tout ». Et repartait quelques jours plus tard, avec une autre manière de composer une chanson, sans toujours rester fidèle à son répertoire initial.
A Astaffort, pas de contraintes ni de dirigisme : on le laisse faire, et puis l’intéressé se rend compte – au contact des autres auteurs, compositeurs et interprètes- qu’il existe sans doute encore d’autres voix/voies à explorer. C'est ce qui ressort d'ailleurs de nombre de réponses transmises par les astagiaires et qui seront publiées dans le 4ème volet de ce dossier.
Allez, j'en rajoute encore une ... on verra bien entre nous celles qu'on gardera de la quarantaine de chansons composées en quelques jours !
La méthode Astaffort : travailler ensemble, prendre des décisions en commun et s'affirmer avec les 15 chansons retenues sur 40
« Quand on réunit des gens dans un même lieu, on n’en tire rien durant quelques heures. Il faut qu’ils se reconnaissent, s’apprivoisent ! Quand les bagages sont posés, quand sont sorties les premières cartes, la partie n’est pas finie, c’est là où on intervient en l’incitant à aller plus loin et ça donne des résultats étonnants ! »
A ce jour, Christian Alazard aura rencontré 600 à 700 artistes : « Ce n’est jamais pareil ! On travaille avec de la vraie matière vivante, et aucun stage ne ressemble à un autre ! Et en plus les astagiaires ne sortent pas de l’école, ou alors si peu !
Il suffit de se fixer des buts, de travailler, d’être dedans et d’aller au-delà de soi-même : tu captives les gens et ils ne partent plus, ils n’ont pas envie de partir. Chaque fois il y a des pleurs, des embrassades, et puis ça nous échappe. Les artistes rentrent chez eux, et certains d’entre eux restent en contact. Mais ça, ça leur appartient ! »
A chaque rencontre le défi est relevé : un groupe d’une quinzaine d’artistes qui ne se connaissent pas est amené à travailler ensemble le jour et parfois jusqu’à tard dans la nuit !
Première étape : écrire à plusieurs des chansons. En écrire jusqu’à ce qu’on en ait réuni une bonne quarantaine.
Puis arrive l’étape suivante : de cette quarantaine de titres, il est demandé aux astagiaires de n’en retenir qu’une trentaine. A eux de décider, entre eux, sans la présence des professionnels présents au Centre des Ecritures de la Chanson !
De là à imaginer des discussions interminables et animées il n’y a qu’un pas … et il est a chaque fois franchi par celles et ceux qui désirent que « leur chanson » soit retenue …
Et puis l’on progresse dans le temps puisque la trentaine de chansons est présentée l’une après l’autre par les astagiaires dans une des salles de l’ancienne école communale. Un jury composé de divers professionnels – dont Francis Cabrel et Jean Bonnefon, vice-président et président de Voix du Sud - se retire ensuite dans une autre salle, histoire de confronter ses choix … et retenir une quinzaine de titres !
Evidemment impatience et stress sont au rendez-vous dans la cour, en attendant que soit enfin affichée la liste des chansons qui seront présentées le vendredi suivant sur la scène de la Music' Halle à Astaffort !
A ce jour, Christian Alazard aura rencontré 600 à 700 artistes : « Ce n’est jamais pareil ! On travaille avec de la vraie matière vivante, et aucun stage ne ressemble à un autre ! Et en plus les astagiaires ne sortent pas de l’école, ou alors si peu !
Il suffit de se fixer des buts, de travailler, d’être dedans et d’aller au-delà de soi-même : tu captives les gens et ils ne partent plus, ils n’ont pas envie de partir. Chaque fois il y a des pleurs, des embrassades, et puis ça nous échappe. Les artistes rentrent chez eux, et certains d’entre eux restent en contact. Mais ça, ça leur appartient ! »
A chaque rencontre le défi est relevé : un groupe d’une quinzaine d’artistes qui ne se connaissent pas est amené à travailler ensemble le jour et parfois jusqu’à tard dans la nuit !
Première étape : écrire à plusieurs des chansons. En écrire jusqu’à ce qu’on en ait réuni une bonne quarantaine.
Puis arrive l’étape suivante : de cette quarantaine de titres, il est demandé aux astagiaires de n’en retenir qu’une trentaine. A eux de décider, entre eux, sans la présence des professionnels présents au Centre des Ecritures de la Chanson !
De là à imaginer des discussions interminables et animées il n’y a qu’un pas … et il est a chaque fois franchi par celles et ceux qui désirent que « leur chanson » soit retenue …
Et puis l’on progresse dans le temps puisque la trentaine de chansons est présentée l’une après l’autre par les astagiaires dans une des salles de l’ancienne école communale. Un jury composé de divers professionnels – dont Francis Cabrel et Jean Bonnefon, vice-président et président de Voix du Sud - se retire ensuite dans une autre salle, histoire de confronter ses choix … et retenir une quinzaine de titres !
Evidemment impatience et stress sont au rendez-vous dans la cour, en attendant que soit enfin affichée la liste des chansons qui seront présentées le vendredi suivant sur la scène de la Music' Halle à Astaffort !
Présentation de 31 chansons : vue partielle de l'assistance dans laquelle se trouve le jury dont Francis Cabrel et Jean Bonnefon, vice-président et président de Voix du Sud
Une après l'autre, les 31 chansons sont présentées par les astagiaires (Photo Jean-François Laffitte)
Les astagiaires occupent les premiers rangs, prêts à intervenir rapidement sur scène, alors que Christian Alazard, assis à droite, règle le son
« La rencontre à suivre, le modèle c’est bien sûr Souchon-Voulzy ; la rencontre d’un compositeur et d’un auteur hors-pair qui a permis à l’un et à l’autre de trouver son propre style et de s’y épanouir totalement »
Cette méthode de travailler ensemble a incité Francis Cabrel aux propos suivants dans le dossier consacré par Fred Hidalgo à VDS dans Chorus n°48 (été 2004) :
« La rencontre à suivre, le modèle c’est bien sûr Souchon-Voulzy ; la rencontre d’un compositeur et d’un auteur hors-pair qui a permis à l’un et à l’autre de trouver son propre style et de s’y épanouir totalement …même si, à ce niveau de qualité, il ne faut pas se leurrer, on risque d’attendre longtemps ».
Et le créateur de « Les Beaux Dégâts » de poursuivre en ces termes : « Des liens forts se créent ; il y a des stagiaires qu’on suit depuis longtemps, on leur demande des nouvelles, eux-mêmes nous en donnent, je suis assez content de ça.
Ils ne sortent pas d’ici avec le même esprit que le jour où ils sont arrivés ; en gardant le contact, on réussit à installer un vrai réseau… un réseau à l’étage en-dessous, disons, de l’étage nationale des gens très en vue qui ont du succès. Nous, on est juste en-dessous, avec ce fourmillement d’artistes qui sont prêts à apparaître ».
« La rencontre à suivre, le modèle c’est bien sûr Souchon-Voulzy ; la rencontre d’un compositeur et d’un auteur hors-pair qui a permis à l’un et à l’autre de trouver son propre style et de s’y épanouir totalement …même si, à ce niveau de qualité, il ne faut pas se leurrer, on risque d’attendre longtemps ».
Et le créateur de « Les Beaux Dégâts » de poursuivre en ces termes : « Des liens forts se créent ; il y a des stagiaires qu’on suit depuis longtemps, on leur demande des nouvelles, eux-mêmes nous en donnent, je suis assez content de ça.
Ils ne sortent pas d’ici avec le même esprit que le jour où ils sont arrivés ; en gardant le contact, on réussit à installer un vrai réseau… un réseau à l’étage en-dessous, disons, de l’étage nationale des gens très en vue qui ont du succès. Nous, on est juste en-dessous, avec ce fourmillement d’artistes qui sont prêts à apparaître ».
Aux astagiaires d’assurer la première partie de la soirée qui se poursuit par le concert du parrain ou de la marraine des Rencontres
Le jury a tranché : voici les 16 chansons sélectionnées sur la bonne quarantaine composée par les astagiaires
Le dernier temps fort des Rencontres d’Astaffort, c’est évidemment la soirée finale au cours de laquelle les astagiaires présentent leurs chansons au public, accompagnés par des musiciens et dans un contexte professionnel (son, lumières, etc.) mettant en valeur leurs créations des jours précédents.
Aux astagiaires d’assurer la première partie de la soirée qui se poursuit par le concert du parrain ou de la marraine des Rencontres : en l’occurrence un professionnel de la chanson qui passe un ou plusieurs jours avec les jeunes artistes.
Pour ces 35èmes Rencontres c’est Jeanne Cherhal qui a assumé – avec une incontestable disponibilité et toute en décontraction – ce rôle : il en sera question dans un projet volet, avec un entretien avec la chanteuse quelques heures avant ce fameux concert.
« Pour cette soirée de clôture je fais le présentateur, ce n’est pas que ce soit très dur, je ne reste pas longtemps sur scène moi-même mais curieusement c’est toujours un moment qui me procure le trac » avoue Francis Cabrel à Fred Hidalgo.
Aux astagiaires d’assurer la première partie de la soirée qui se poursuit par le concert du parrain ou de la marraine des Rencontres : en l’occurrence un professionnel de la chanson qui passe un ou plusieurs jours avec les jeunes artistes.
Pour ces 35èmes Rencontres c’est Jeanne Cherhal qui a assumé – avec une incontestable disponibilité et toute en décontraction – ce rôle : il en sera question dans un projet volet, avec un entretien avec la chanteuse quelques heures avant ce fameux concert.
« Pour cette soirée de clôture je fais le présentateur, ce n’est pas que ce soit très dur, je ne reste pas longtemps sur scène moi-même mais curieusement c’est toujours un moment qui me procure le trac » avoue Francis Cabrel à Fred Hidalgo.
Association Voix du Sud : une convaincante mobilisation de professionnels
Le coup d'envoi de la soirée est donné par Jean Bonnefon et Francis Cabrel, président et vice-président de Voix du Sud
L’association Voix du Sud bénéficie d’un conseil d’administration composé de membres fondateurs, membres adhérents, membres d’honneur et membres associés. Autant de professionnels issus du monde de la chanson et de l'industrie musicale, ainsi que de la presse écrite et audio-visuelle. S'y ajoutent diverses personnes d'Astaffort et de la région.
Membres fondateurs : Francis Cabrel, vice-président ; Francis Chaudruc (trésorier) ; Jean-François Grattieri (secrétaire) ; Hubert Delpech.
Membres adhérents : Jean Bonnefon (président) ; Fabienne Jacquet-Tukenmez ; Florence Cailton ; François Chesnais ; André Garros ; Fred Hidalgo (créateur de Paroles et Musique, et Chorus) ; Bernard Lescure ; Serge Levaillant ; Patrice Moussaron ; Olivier Bas ; Alain Tibolla ; Richard Seff ; Jacques Pessis.
Membres d’honneur : Jean-Michel Boris (ancien directeur de l’Olympia) ; Gérard Davoust (président directeur général des Editions Raoul Breton).
Membres Associés : Fondation d’Entreprise La Poste ; SACEM.
Membres fondateurs : Francis Cabrel, vice-président ; Francis Chaudruc (trésorier) ; Jean-François Grattieri (secrétaire) ; Hubert Delpech.
Membres adhérents : Jean Bonnefon (président) ; Fabienne Jacquet-Tukenmez ; Florence Cailton ; François Chesnais ; André Garros ; Fred Hidalgo (créateur de Paroles et Musique, et Chorus) ; Bernard Lescure ; Serge Levaillant ; Patrice Moussaron ; Olivier Bas ; Alain Tibolla ; Richard Seff ; Jacques Pessis.
Membres d’honneur : Jean-Michel Boris (ancien directeur de l’Olympia) ; Gérard Davoust (président directeur général des Editions Raoul Breton).
Membres Associés : Fondation d’Entreprise La Poste ; SACEM.
En attendant les réponses des astagiaires des 35èmes Rencontres
Simon Delanoy accompagné par Christian Alazard et François de Castro, directeur de l'école de musique d'Astaffort
Voilà, vous en savez un peu plus sur les origines et l’histoire de Voix du Sud qui créée l’événement, au moins deux fois l’an, à Astaffort.
C’est là que se sont retrouvés du 5 au 13 avril 15 astagiaires avec lesquels nous ferons plus ample connaissance dans le prochain volet. Leurs réponses aux quatre questions posées en cours de stage sont éloquentes à bien des égards.
La parole sera donc donnée à chacun d’entre eux, en respectant l'intégralité de leurs propos : Adel Belhaddad (Adel), Pierre Chatard (Donoré), Simon Delanoy, Jérôme Boloch (Jérôme Boloc), Chloé Pelletier-Gagnon (Klô Pelgag), Laeticia Couturier (Laetiket), Ludiane Pivoine Loosly (Ludiane Pivoine), Yves Verbeelen (Monsieur 13), Olgica Susac (Olya), Piotr Paluch, Sébastien Dupouy (Laligne), Virginie Raynal (Virginie Ray), Yael Bensousan (Ëlla Bens), Cécile Lemaire, et Aurélie Laurence.
Une fois que vous aurez pris connaissance de leurs réponses, vous découvrirez d’un œil différent les coups de projecteurs donnés dans un prochain volet de ce dossier à quelques-uns des piliers de Voix du Sud et du Centre des Ecritures de la Chanson : Christian Alazard, Pascal Bagnara, Jean Bonnefon, Michel Boulanger, Marc Estève, Jean-François Laffite, Rania Serrano, etc.
Rendez-vous sous peu pour le 4ème volet de ce dossier consacrés aus astagiaires des 35èmes rencontres d'Astaffort
A SUIVRE
TEXTE ET PHOTOS ALBERT WEBER
C’est là que se sont retrouvés du 5 au 13 avril 15 astagiaires avec lesquels nous ferons plus ample connaissance dans le prochain volet. Leurs réponses aux quatre questions posées en cours de stage sont éloquentes à bien des égards.
La parole sera donc donnée à chacun d’entre eux, en respectant l'intégralité de leurs propos : Adel Belhaddad (Adel), Pierre Chatard (Donoré), Simon Delanoy, Jérôme Boloch (Jérôme Boloc), Chloé Pelletier-Gagnon (Klô Pelgag), Laeticia Couturier (Laetiket), Ludiane Pivoine Loosly (Ludiane Pivoine), Yves Verbeelen (Monsieur 13), Olgica Susac (Olya), Piotr Paluch, Sébastien Dupouy (Laligne), Virginie Raynal (Virginie Ray), Yael Bensousan (Ëlla Bens), Cécile Lemaire, et Aurélie Laurence.
Une fois que vous aurez pris connaissance de leurs réponses, vous découvrirez d’un œil différent les coups de projecteurs donnés dans un prochain volet de ce dossier à quelques-uns des piliers de Voix du Sud et du Centre des Ecritures de la Chanson : Christian Alazard, Pascal Bagnara, Jean Bonnefon, Michel Boulanger, Marc Estève, Jean-François Laffite, Rania Serrano, etc.
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A SUIVRE
TEXTE ET PHOTOS ALBERT WEBER





ASTAFFORT/ VOIX DU SUD (3) : « Tout le monde y pense »













